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Une nouvelle loi est en passe d’être signée par le président de la République : celui qui, dans ses propos, tiendra la nation polonaise ou l’Etat polonais coresponsable de crimes contre la paix, crimes contre l’humanité ou de crimes de guerre sera passible de sanctions. Réactions de deux professeurs d'histoire polonais.
Chers élèves,
Nous vous écrivons cette lettre à vous, à qui nous avons la chance d’enseigner, ainsi qu’à vos camarades d’autres écoles. Et, même si nous sommes aussi chercheurs en histoire de la Seconde Guerre mondiale, ce n’est ni une hypothèse de travail ni un débat scientifique que nous cherchons à développer ici. Cette lettre n’est pas non plus une intervention artistique. Nous vous écrivons en tant que professeurs, en tant qu’enseignants.
Vous le savez certainement puisque les médias en parlent depuis une semaine, une nouvelle loi est en passe d’être signée par le président de la République, dont le contenu peut-être résumé de la manière suivante : qui, dans ses propos, tiendra la nation polonaise ou l’Etat polonais coresponsable de crimes contre la paix, crimes contre l’humanité ou de crimes de guerre sera passible de sanctions.
Nous allons ici, et à l’avenir, enfreindre cette loi.
La «nation polonaise» et les institutions de l’Etat polonais (ainsi que toutes les autres «nations» et les autres Etats) sont responsables de crimes contre la paix, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.
«La nation» est une incantation qui a le pouvoir de transformer des personnes inoffensives en meurtriers sans scrupule, convaincus de la justesse de leurs motifs. A ses origines, au début du XIXe siècle, le mot «nation» contenait une promesse – celle de la libération des peuples du joug des tyrans, celle de l’appréciation des différences entre les cultures (et entre les langues), d’une lutte commune pour la liberté. Mais quand, vainqueur, le concept de «nation» s’est allié à l’Etat, quand de mot d’ordre de la révolte, il est devenu idéologie du pouvoir, la promesse est morte. L’Etat-nation assoie son pouvoir en établissant des divisions entre les hommes, en définissant incessamment qui fait partie de cette communauté nationale imaginaire et se trouve sous sa protection et qui en est exclu, sans défense. L’Etat-nation exploite le concept de nation pour permettre à ses fonctionnaires de contrôler la vie de ses sujets, et livrer à la mort ceux qu’il a refusés.
C’est ce qu’enseigne l’histoire. Et l’histoire de la Pologne aussi.
C’est bien l’Etat polonais – celui de la deuxième République – qui a organisé en 1938 à Zbąszynek un camp dans lequel ont été emprisonnés les quelques milliers de ses propres citoyens juifs auxquels le Parlement polonais avait retiré leur nationalité polonaise et qui ont ensuite été expulsés d’Allemagne par le gouvernement d’Hitler. C’est l’Etat polonais qui en 1937, en la personne du ministre des Cultes religieux et de l’Instruction, a légalisé les «ghettos de bancs» divisant ainsi les amphithéâtres et les salles de cours des universités selon le même critère sur lequel seront fondés les murs des ghettos nazis.
Pendant la guerre c’est l’Etat polonais – autrement dit le gouvernement en exil à Londres – qui jusqu’en juin 1942 se refuse à condamner les crimes contre les Juifs. Silence dans les émissions de la radio officielle, silence dans la presse de l’Etat Polonais clandestin. L’Etat polonais ne se décidera jamais à appeler ouvertement les Polonais à s’opposer à l’extermination des Juifs même face aux déportations massives dans les camps de la mort, malgré les supplications de Szmul Zygielbojm et Ignacy Szwarcbard, membres du Conseil national auprès du Président de la République. En mars 1943, quelques semaines avant l’insurrection dans le ghetto de Varsovie, quand sur le territoire polonais plus de deux millions de Juifs ont déjà été exterminés, Szwarcbard écrit au Conseil national : «J’en veux au ministère de l’Intérieur de ne pas s’être adressé, au nom de cette communauté de destin […], à la société polonaise pour qu’au cœur de cette terrible catastrophe, de cette terrible tragédie, dans la mesure du possible, et par les moyens encore disponibles, elle soutienne moralement et matériellement ces Juifs polonais à l’agonie.»
Aujourd’hui, les institutions de l’Etat ne permettent pas de dire la vérité sur ce qui s’est passé pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans de nombreuses villes et villages les habitants sont conscients des meurtres et des pillages commis par les Polonais envers leurs voisins juifs et veulent exprimer ce sentiment de culpabilité. Mais l’idéologie de la nation qui a jadis incité au meurtre sert aujourd’hui à réduire au silence. C’est donc l’exact contraire de ce que nous disent bon nombre d’hommes politiques et commentateurs : non pas la nation innocente et des individus criminels, mais des individus au comportement noble ou ignoble, et la «nation» justifiant le crime.
Nous vous écrivons en ce début février. Les médias annoncent qu’au large des côtes libyennes 90 personnes se sont noyées en essayant d’atteindre l’Europe. Que les institutions de l’Etat les aient forcées à cette expédition illégale, que des milliers d’autres soient enfermées dans des camps semblables à celui de Zbąszynek – tout cela est aussi le résultat de l’égoïsme national. Et à ce crime aussi participe le concept de «nation polonaise» et la politique de l’Etat polonais qui «protège» cette nation des «étrangers».
Il n’y a pas eu de communauté de destin avec les condamnés à mort, à laquelle croyait pourtant Szwarcbard ; il n’y a pas de communauté de destin avec ceux qui périssent en mer, ou qui souffrent dans les camps. La nation est la barrière qui rend cette communauté impossible.
La nation, avec laquelle on nous bourre le crâne et rabâche les oreilles depuis si longtemps. Dans les nouveaux programmes d’histoire pour le lycée – qui ne se distinguent pas spécialement des précédents – sur l’unique page qui décrit les buts éducatifs de l’apprentissage de l’histoire, le mot «nation» figure six fois, celui de patrie (ou de patriotique) cinq. Et seulement une fois pour mentionner «d’autres» nations ou Etats.
Outre la nation et l’Etat, il n’y a rien dans cette histoire scolaire, personne : ni les hommes que la nation oppresse, ni leur vie, ni leur labeur, ni leur recherche d’autres formes de vie, d’autres sortes de communautés, d’autres chemins vers le bonheur.
Ceux qui nous gouvernent utilisent le concept de nation pour proposer une fausse «fierté», une fausse communauté et une fausse «sécurité» à ceux qui sont souvent malheureux, fatigués par leur travail, leur crédit, le manque d’espoir ; pour éveiller en eux le mépris, la méfiance et l’hostilité envers les «étrangers», pour sanctionner le saint égoïsme et justifier l’insensibilité et la partialité de leurs opinions, et empêcher la recherche de la vérité.
Vous voyez cela au quotidien, en observant les hommes politiques, en écoutant leurs déclarations infantiles, abrutissantes et trop souvent infâmes, qui sont censées vous inspirer de la haine envers ceux avec lesquels vous voulez et savez coopérer, créer, vous lier d’amitié. C’est vous qui avez raison et ne laissez personne vous convaincre du contraire : chacun et chacune d’entre vous pense et sent ; vous êtes à l’aube d’un avenir que vous devez inventer et construire ensemble et qui doit être meilleur que ce qui vous entoure.
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Nowe prawo ma zostać podpisana przez Prezydenta Rzeczypospolitej: kto, według jego słów, woli narodu polskiego i polskiego państwa współodpowiedzialny za zbrodnie przeciwko pokojowi, zbrodnie przeciw ludzkości oraz zbrodnie wojenne będzie karalne. Reakcje dwóch polskich nauczycieli historii.
Drodzy uczniowie,
Piszemy ten list do was, którym mamy szczęście uczyć i do waszych kolegów z innych szkół. I chociaż jesteśmy również badaczami w historii II wojny światowej, nie jest to ani robocza hipoteza, ani debata naukowa, którą staramy się tutaj rozwijać. Ten list też nie jest artystyczną interwencją. Piszemy do was jako nauczyciele, jako nauczyciele.
Jak zapewne wiecie, ponieważ media mówią o tym od tygodnia, nowa ustawa ma zostać podpisana przez Prezydenta Republiki, której treść można streścić w następujący sposób : kto w swoich uwagach będzie posiadał Naród polski lub państwo polskie współodpowiedzialne za zbrodnie przeciwko pokojowi, zbrodnie przeciwko ludzkości lub zbrodnie wojenne będą podlegały karze.
Idziemy tu, iw przyszłości, do łamania tego prawa.
"Naród polski" i instytucje państwa polskiego (jak również wszystkie inne "narody" i inne państwa) są odpowiedzialne za zbrodnie przeciwko pokojowi, zbrodniom przeciwko ludzkości i zbrodniom wojennym.
"Naród" jest inkantacją, która ma moc przemieniać niewinnych ludzi w pozbawionych skrupułów morderców, przekonanych o poprawności ich motywów. U początku, na początku XIX wieku wieku, słowo „naród” zawierał obietnicę - że wyzwolenia ludów z jarzmem tyranów, że oceny różnic między kulturami (i między językami), wspólnej walki o wolność. Ale kiedy, zwycięski, pojęcie "narodu" było sprzymierzone z państwem, kiedy od hasła buntu stało się ideologią władzy, obietnica jest martwa. Państwo narodowe siedzi swoją moc poprzez tworzenie podziałów między ludźmi, ciągle definiowania część tej wyobrażonej wspólnoty narodowej i jest pod jego opieką, a kto jest wykluczone, bezbronny. Państwo narodowe wykorzystuje pojęcie narodu, aby umożliwić swoim urzędnikom kontrolowanie życia swoich poddanych i wydać na śmierć tych, których odmówiło.
Tego uczy historia. A także historię Polski.
To państwo polskie - z Drugiej Rzeczypospolitej - które zorganizowało obóz w Zbąszynku w 1938 r., W którym uwięziono kilka tysięcy własnych obywateli żydowskich, którym polski parlament wycofał swoje polskie obywatelstwo, a które wówczas został wydalony z Niemiec przez rząd Hitlera. To państwo polskie w 1937 r., W osobie Ministra Kultury Sakralnej i Instrukcji, zalegalizowało "getta ławek", dzieląc w ten sposób amfiteatry i sale wykładowe uniwersytetów według tego samego kryterium, na którym zostaną zbudowane mury nazistowskich gett.
W czasie wojny był to polski państwa - że rząd na uchodźstwie w Londynie - który do czerwca 1942 roku odmówił potępienia zbrodni przeciwko Żydom. Milczenie w audycjach z oficjalnego radia, cisza w prasie tajnego państwa polskiego. Państwo Polskie nie decydują się na otwarcie nazywają Polaków sprzeciwiać się eksterminacji Żydów nawet w masowych deportacji do obozów zagłady, mimo zarzutów Szmula Zygielbojma i Ignacego Szwarcbard, Rady Narodowej z Prezydenta Republiki. W marcu 1943 roku, zaledwie kilka tygodni przed wybuchem powstania w getcie warszawskim w Polsce po ponad dwóch milionów Żydów zostało już zamordowanego pisanie Szwarcbard do Rady Narodowej: „Chcę MSWiA na nie wysławszy w imieniu tej wspólnoty losu [...], polska firma w samym sercu tej strasznej katastrofy, to straszna tragedia O ile to możliwe, i wciąż dostępnymi środkami, wspiera moralnie i materialnie tych polskich Żydów w agonii. "
Dziś instytucje państwowe nie mówią prawdy o tym, co wydarzyło się podczas II wojny światowej. W wielu miastach i wsiach mieszkańcy są świadomi zabójstw i grabieży popełnianych przez Polaków wobec ich żydowskich sąsiadów i chcą wyrazić to poczucie winy. Ale ideologia narodu, który kiedyś podżegał do morderstwa, jest teraz wykorzystywana do milczenia. Jest to dokładne przeciwieństwo tego, co mówią nam politycy i komentatorzy: nie niewinny naród i kryminalne jednostki, lecz jednostki o szlachetnych lub niecnych zachowaniach i "naród" usprawiedliwiający zbrodnię.
Piszemy do Ciebie na początku lutego. Media ogłaszają, że u wybrzeży Libii 90 osób utonęło próbując dotrzeć do Europy. Że instytucje państwa zmusiły ich to nielegalne przemieszczanie, że tysiące innych są uwięzione w obozach podobnej do tej z Zbąszynek - to także wynik narodowego egoizmu. I ta zbrodnia zaangażowany również koncepcję polskiej polityki państwa, że „chroni” ten naród „obcych”, „narodu polskiego” i.
Nie było wspólnoty losu z skazanymi na śmierć, co jednak, zdaniem Szwarcbarda; nie ma wspólnoty przeznaczenia z tymi, którzy giną na morzu lub cierpią w obozach. Naród jest barierą, która czyni tę wspólnotę niemożliwą.
Naród, którym jesteśmy napełnieni naszymi czaszkami i tak długo rozpieszczamy nasze uszy. W nowych programach historii dla liceów - które nie są specjalnie odróżniane od poprzednich - na jednej stronie, która opisuje cele edukacyjne historii nauki, słowo "naród" pojawia się sześć razy, ojczyzna (lub patriota) pięć. I tylko raz, aby wspomnieć o "innych" narodach lub stanach.
Oprócz narodu i państwa nie ma nic w tej szkolnej historii, nikt: ani ludzie, których gnębi naród, ani ich życie, ich praca, ani poszukiwanie innych form życia, inni rodzaje wspólnot, inne drogi do szczęścia.
Ci, którzy nas rządzą, używają pojęcia narodu, by zaproponować fałszywą "pychę", fałszywą wspólnotę i fałszywe "bezpieczeństwo" tym, którzy często są nieszczęśliwi, zmęczeni pracą, zasługami, brakiem nadziei; rozbudzać w nich pogardę, nieufność i wrogość wobec "cudzoziemców", aby usankcjonować święty egoizm i usprawiedliwić nieczułość i stronniczość swoich poglądów oraz zapobiec poszukiwaniom prawdy.
Widać to codziennie, obserwując polityków, słuchając ich infantylnych, ogłupiających i bardzo niesławnych deklaracji, które mają wzbudzić w was nienawiść do tych, z którymi chcecie i wiedzą, jak współpracować, tworzyć, zaprzyjaźnić się z wami. To ty masz rację i nie pozwól nikomu przekonać cię inaczej: każdy z was myśli i czuje; jesteście u zarania przyszłości, którą musicie wymyślić i zbudować razem, a to musi być lepsze od tego, co was otacza.






